Catégorie : bateaux

Rivoallan : sloup de pêche

Rivoallan

Construit en 1951 par le chantier Masse à la Menounière dans l’île d’Oléron, Rivoallan était destiné au large de la Côtinière, un rivage peu hospitalier où la mer est souvent difficile. La commande fut donc celle d’un bateau bien défendu, assez haut de franc bord, d’une construction simple avec un gouvernail sur le tableau et des échantillonnages généreux : structure et bordés bas en chêne, bordés hauts et mât en sapin. Au temps de sa vie de travail, le bateau fut motorisé, mais comme souvent à cette époque on était resté très proche des formes et des proportions des coques de voiliers que l’on construisait peu de temps avant.

Aujourd’hui le bateau a été restauré par son propriétaire, un petit rouf abritant deux couchettes permet la croisière côtière, la coque est blanche avec un pavois bleu. Le gréement reconstitué comprend : une grande voile, foc et flèche de couleur bordeaux, une trinquette et ce qui est plus rare un clinfoc blancs.

Le bateau s’amarre dans le port de La Flotte et participe aux activités de Flottille en Pertuis.

Longueur hors tout : 9 m – Longueur de coque : 6,50 m – Largeur : 2,40 m – Tirant d’eau : 1 m – Surface de voilure : 40 m²

Vous pouvez admirer les maquettes d’Argo, Laisses les Dire et Général Leclerc à la Maison du Platin.

Ces maquettes ont été réalisées par Dominique CASTAGNET : http://www.maquettes-castagnet.fr/.

Petit Normandie, sloup ostréicole

Petit Normandie

Petit Normandie est construit dans les Chantiers Bernard à La Tremblade en 1933. Son nom est un clin d’oeil à l’actualité puisque le « grand » Normandie est sorti de cale en octobre 1932. Il a travaillé pour l’ostréiculture et régaté pour les loisirs. En 1945, il a participé à la libération de l’île d’Oléron et a été coulé cette même année. Il a été reconstruit en « dommage de guerre » en 1948 sur les mêmes plans, par le même chantier et pour le même propriétaire. Il a alors travaillé pour l’ostréiculture et transporté des passagers entre Ronce les Bains, l’île d’Oléron et même l’île d’Aix.
Il a ensuite été la propriété de la famille Hervé et a continué sa carrière pour l’ostréiculture uniquement. Cette famille s’en est séparé à la fin des années 80.
Il a été remis à neuf par son avant dernier propriétaire en 1993 qui l’a utilisé pour ses loisirs. Acheté par le propriétaire actuel, il est dans le port de La Flotte depuis octobre 2000 où il n’est utilisé que pour les loisirs.

Longueur de coque : 7,86 m – Hors tout : 11 m – Largeur : 2,70 m – Tirant d’eau : 0,90 m – Tirant d’air 11, 5 m (avec le flèche) – Poids : 3500 kg – Surface totale des voiles : 55m²
Immatriculation MN 312387

Père Gabriel

Père Gabriel

La construction du Père Gabriel avait commencé en 1942. Il porta d’abord le nom de Mirage. Peut-être comme un signe d’espérance folle dans une époque bien sombre ? Trop sombre ! Le bateau ne fut terminé qu’en 1949 par Albert Paraveau à Marennes. Une longue carrière l’attendait à la pêche et surtout au travail des huîtres quand il était basé dans le chenal de Brouage. Conçu dès l’origine pour être motorisé, comme beaucoup de constructions de cette époque, il a gardé les formes fuselées et éprouvées des voiliers avec une quille longue, aujourd’hui lestée d’un saumon en fonte, une proue bien défendue. Les lignes d’eau se prolongent à l’arrière par une petite voûte, dite demi cul de poule.

Ces formes de carène avaient l’avantage de se contenter de moteurs de puissance modeste et en 1991 quand le bateau abandonna la pêche il fut facile et justifié de lui offrir une deuxième vie de voilier conforme à la tradition de sa construction. C’est à Mornac que le gréement fut installé en 1996, dans les règles de l’art et avec de belles proportions.

Ce bateau navigue beaucoup y compris jusqu’en Bretagne pour participer aux grands rassemblements, où il représente les Pertuis. Un aménagement sommaire dans le gaillard d’avant permet le repos de l’équipage. Basé à La Flotte en Ré, il navigue pour Flottille en Pertuis.

Depuis le 25 novembre 2009, Père Gabriel est inscrit Monument Historique.

Longueur hors tout : 12,50 m – Longueur de coque : 9,40 m – Largeur : 3,14 m – Tirant d’eau : 1,25 m – Surface de voilure : 75 m² – Construction en chêne pour les pièces maîtresses et en sapin – Coque blanche – Grandvoile blanche, foc et trinquette ocre.

Télécharger le plan de charpente, ici.

Télécharger le plan de voilure, ici.

Télécharger le plan des formes, ici.

Marie Etoile

Commandée par la famille d’un jeune pêcheur normand à l’occasion de son mariage, elle est semi pontée, armée à la voile pour la pêche à la crevette. Le crevettier se caractérise par sa capacité à tracter des chaluts entre deux eaux, au nombre de 2 à 3, de petite taille et à nappe sélective (il sépare les poissons des crevettes). La grande baignoire profonde permet de recevoir les filets et les caisses de tri. Fin des années 70, elle est démâtée, sur motorisée, et pontée pour servir à la pêche entre Cherbourg et Le Havre. Cédée en 1998 à un passionné de traditions marines. Celui-ci, pendant 4 ans la restaure dans sa configuration originale, il ajoute des éléments de confort (bancs) puis la base sur l’Ile de Ré (à Ars). Henri Lutgen, le maître charpentier de marine qui a construit la Marie-Etoile, a fait une longue étape lors de son compagnonnage dans les chantiers navals d’Oléron et de Marennes, constructeurs des bateaux des pertuis charentais. La Marie Etoile est en cours d’inscription à l’inventaire du conservatoire du patrimoine maritime de Basse Normandie.

Début 2013, elle est acquise par un maître voilier retraité, passionné lui aussi de voiliers anciens. Il fait partie des animateurs de « Flottille en pertuis », association rhétaise qui protège et fait vivre les bateaux de travail des pertuis du début du 20ème siècle, et gère «  la Maison du Platin », musée de la vie sur l’Ile de Ré.

Longueur hors tout : 9,70 m – Longueur de coque : 7,05 m – Largeur : 2,62 m – Tirant d’eau : 1,10 m – Surface de voilure : 54 m² – Construction en chêne pour les pièces maîtresses et en sapin – Coque blanche – Grande voile blanche, foc et trinquette ocre.

Chaloupe Crevettier, Gréée en cotre. Construction classique à Courseulles (Basse Normandie) en 1956. Moteur inbord diesel 21cv.

Léon-Charlotte

Les chantiers de l’enfer à Douarnenez ont construit Léon-Charlotte en 1990. Cette naissance lointaine et un peu tardive, n’empêche pas ce petit sloup d’être le plus flottais des bateaux de Flottille en Pertuis. Il a en effet été construit à partir des plans de Léon Angibaud Charpentier de marine de La Chaume à La Flotte en Ré. Ses plans sommaires dataient de 1914, mais les anciens se souviennent du premier exemplaire appelé l’Aiglon,on peut le voir sur les vieilles photos du port, il était ponté avec une petite cabine, ce qui n’est pas le cas de la réplique qui est un bateau ouvert sauf au niveau du petit tillac avant. Les formes : étrave presque renversée, arrière très rond finissant en pointe avec un gouvernail sur un étambot très incliné, grande largeur relative et fonds plats qui contribuent à la stabilité de forme, rappellent la silhouette générale des célèbres Gazelles des Sables, mais à l’échelle 1/3. De façon un peu irrévérencieuse, on pourrait dire qu’il s’agit d’un «bateau de retraité » comme s’en faisaient construire les anciens marins pêcheurs qui l’âge venu voulaient quand même continuer doucement le métier sans trop s’éloigner du port. Aujourd’hui Léon-Charlottenavigue dans les pertuis où les belles brises des après midi d’été lui donnent l’occasion de tracer un beau sillage d’écume.

Longueur hors tout : 7,70 m – Longueur de coque : 5,50 m – Largeur au maître bau : 2,28 m – Tirant d’eau : 0,70 m – Surface de voile : 24 m² -Gréement aurique : grande voile bleue, foc blanc – Construction classique à franc-bord : chêne pour la structure, bordé en pin, mât en pin d’orégon. – Coque blanche, petit pavois noir.

Laisses les dire, sloup ostréicole

Laisses les dire

Sur les vieilles photos des années 1920-1930, on voit dans le port du Château d’Oléron une flottille de petits sloups ostréicoles qui ont tous un air de famille. En réalité ils répondent aux besoins du même métier, dans le même environnement et dans le même contexte technique : le travail sur les parcs à huîtres. Partir avec le jusant chargé de jeunes huîtres ou de matériel pour travailler aux parcs, parfois en remorquant une ou deux lasses, se faufiler dans les chenaux des coureaux d’Oléron, échouer sur le banc d’Agnas ou plus loin sur le banc Lamouroux, voire sous le vent de l’île d’Aix puis rentrer au Chenal d’Ors ou à la Tremblade avec une pesante cargaison de précieuses coquilles… et chaque jour recommencer. Ce fut la carrière de Laisses les dire pendant plus de 50 ans. Certes entre temps, il avait perdu son gréement de voilier au profit d’un puissant moteur qui avait remplacé le vieux 5/7 Castelnau d’origine…

Racheté en 1985 à Ors (Oléron) par un passionné, connaisseur du patrimoine maritime des Pertuis qui disparaissait, il a retrouvé sa voilure et une nouvelle jeunesse pour une nouvelle vie à sillonner les Pertuis. Avec son étrave droite, son arrière en demi cul de poule (ou demie voute), sa baignoire accueillante, sa coque blanche et son pavois bleu avec un fin liston jaune et avec son flêche jaune, c’est un familier des rassemblements et des fêtes des Pertuis. Il a gardé ses caractéristiques de bateau de travail : quille longue, faible franc bord et petite coupée dans le pavois pour faciliter l’embarquement quand le bateau est à l’échouage avec une grande cale largement ouverte pour recevoir à présent son chargement de plaisanciers… Son classement comme Monument Historique en 1993 se justifie par la qualité de la restauration effectuée par les Chantiers Paraveau à Marennes et Despierre à La Rochelle et les détails soigneusement conservés qui lui donnent cette silhouette si élégante et caractéristique d’un sloup des Pertuis.

 

Construit en 1930 par les chantiers Paul Bernard à La Tremblade, l’un des chantiers les plus productifs de la région, Laisses les Dire est un bateau rapide et affuté qui est devenu l’un des bateaux les plus emblématiques des Pertuis.

Basé à La Flotte, île de Ré, il navigue pour Flottille en Pertuis.

 

Longueur hors tout : 10,50 m – Longueur de coque : 7,50 m – Longueur à la flottaison : 7,00 m – Bau : 2,90 m – Tirant d’eau : 1,10 m – Gréement aurique : Grand voile, foc et trinquette blancs – flèche à balestron jaune.

Télécharger le plan de charpente et de pont, ici.

Télécharger le plan des formes, ici.

Télécharger le plan de voilure, ici.

 

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Key Largo : canot à misaine

Key Largo

Bien qu’il soit de bonne extraction et qu’il n’ait pas besoin de ce recours médiatique précisons queKey Largo n’est pas l’ancien bateau d’Humphrey Bogart et Lauren Bacall, même s’ils sont pour un peu dans sa notoriété.

Il est construit au chantier Paraveau de Marennes il y a une quinzaine d’années, en acajou sur membrures ployées en acacia à partir de plans dessinés par Michel Joubert, surtout connu pour sa production d’unités plus compétitives. Key Largo perpétue l’esprit des petits canots gréés simplement d’une voile au tiers, efficaces et faciles à manœuvrer. Il répond au besoin renaissant de petits voiliers de loisir jolis, performants et marins, qui s’intègrent dans une tradition et rejettent le clinquant de certaines productions actuelles. Basé à La Flotte, il navigue autour de nos îles pour Flottille en pertuis.

Coque ouverte blanche et vernie – Longueur 5,70 m – Une voile au tiers blanche

Petit-Salé

Petit Salé

Construit en 1952 par les chantiers Bernard frère de la Tremblade, pour le compte d’André Lavigne, sous le nom de LOU-PESCADOU et dans le but de servir à la petite pêche de plaisance dans les pertuis et à la croisière familiale l’été. La plaisance populaire n’étant pas encore très développée à cette époque, le bateau est emblématique de ces petites unités construites pour la plaisance par des chantiers locaux de construction de bateaux de travail et qui deviendront un style appelés pêche-promenade.

En 1975, André donne le bateau à son fils Philippe Lavigne qui le rebaptise PETIT-SALÉ ; il subira alors quelques transformations pour le rendre plus performant à la voile. En très mauvais
état, le bateau est vendu en 2010 à Daniel Despierres, charpentier de marine à La Rochelle et qui en effectue la restauration complète.

Classé monument historique le 09/03/2010

PETIT-SALÉ est parfaitement restauré et navigue dans les eaux des pertuis charentais.

TYPE Bateau de plaisance
CARACTÉRISTIQUES Coque bois – sloop aurique
LONGUEUR (coque / hors tout) 6,31 m / 9,00 m
MAÎTRE-BAU 2,30 m ; TIRANT D’EAU 0,75m ; JAUGE / TONNAGE 2,4 Tx (tonneaux) ; PROPULSION Voile et moteur

Télécharger les plans de voilure, ici.

 

Le Drôle

Le Drôle
LE DRÔLE
Celui-ci a été construit en 1973 par le chantier Mignon à Marennes. Son propriétaire était Philippe Daste, un biologiste à la retraite. Le premier nom du bateau était « LE VIEUX ». Son usage était la plaisance et la pêche de loisir.
Ce petit bateau de retraité portera successivement le nom de « RELAX » à La Côtinière, puis « LE GOSSE » à Mornac-sur-Seudre et au Château d’Oléron.
Son nom actuel « LE DRÔLE » est la traduction en charentais de son nom précédent.
Acheté en parfait état, il n’a pas eu à subir de modifications importantes ou de restaurations lourdes. Il participe aux nombreuses fêtes et rassemblements maritimes organisés dans les pertuis charentais.
Longueur de coque : 5m / Hors tout : 8m
Maître-bau : 2.05m ; tirant-d’eau : 1.10 m
Tonnage : 1.5 tonnes
Gréement aurique

 

 

Aurore : le bateau des matins de Calixte

Aurore

Depuis 1960 et pendant plus de trente ans l’Aurore et Calixte franchirent les murailles de Saint-Martin-de-Ré pour aller pêcher dans le Pertuis Breton, il n’y a pas très longtemps, au début de ce siècle, on pouvait les voir tous les deux dans le port de Saint-Martin : après une si longue expérience de la mer, le marin ressemblait un peu à son bateau et réciproquement : ils avaient presque le même age !

L’histoire de l’Aurore a commencé en 1926 au Chantier Mignon de Marennes pour le compte d’une famille d’ostréiculteurs du chenal d’Ors. Le bateau servait aussi de temps en temps pour la pêche au chalut à perche ou pour la drague aux pétoncles. À l’époque on exerçait souvent plusieurs métiers en fonction des saisons, y compris parfois le métier de paysan de la mer et de… la terre.

L’Aurore méritait d’entrer dans le patrimoine, comme témoin silencieux d’une longue histoire de labeur. Restauré en 2003 par le Chantier de Daniel Despierre à La Rochelle, le bateau fut sérieusement révisé, semi ponté avec une baignoire et regréé selon les habitudes de notre région : coque blanche et pavois bleu selon la tradition oléronnaise, grande voile aurique cachou, foc, trinquette et flèche champagne. Dans le port de La Flotte, l’Aurore fait aujourd’hui honneur à la collection de Flottille en Pertuis.

Depuis le 25 novembre 2009, Aurore est inscrit Monument Historique.

Longueur hors tout : 10,50 m – Longueur de coque : 7,84 m – Largeur au maître bau : 2,77 m – Tirant d’eau : 0,90 m – Surface de voilure : 53 m².

Construction classique à franc bord en chêne pour la structure et pin d’Oregon. Étrave droite, arrière à tableau après une très courte voûte.